Jeudi 11 décembre 2008
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Besoin de passer à un récit plus actuel et plus agréable, même si c'est toujours difficile émotionnellement.
Bon la dépression est là, ancrée depuis l'enfance, comme je viens de le raconter, mais je ne reste pas là à me faire dépasser et fondre dans cet enfer !
Dans les moments les plus difficiles j'ai accepté trois séjours en clinique psychiatrique, ça m'a soulagé un temps, permis de passer à autre chose chaque fois, même si ce n'étais pas, à priori,
toujours positif.
J'ai testé tout au long de ma vie plusieurs psychologues et psychiatres, plusieurs thérapies dont la sophrologie, le yoga thérapeutique (que j'exerce depuis deux ans environ et qui m'aide à
reprendre contact avec mon corps) et également depuis environ deux ans, l'arthérapie que j'ai d'abord découvert à la clinque psychiatrique (tout comme le yoga thérapeutique d'ailleurs).
Et là je dois dire qu'il s'agit d'une double rencontre, non seulement d'une psychologue fabuleuse et d'une méthode qui me convient tout à fait.
Extraits de courriers de mes réponses aux questions d'une amie qui expliquent aussi pourquoi j'ai ouvert ce blog :
Pour l'arthérapeuthe [...] c'est une psychologue qui a fait des années de spécialisation dans cette discipline.
[...] elle se sert de "l'art" pour mieux schématiser les problèmes psychiques.
Je vais peut-être faire un post explicatif sur cette méthode dans un topic existant.
Mais en gros elle demande qu'on décrive ce qu'on ressent, qu'on voudrait être, qu'on était, etc... avec des pastels à l'huile, pâte à modelée ou autre.
Ça donne des sujets comme :
Sur une page blanche pliée en deux, à droite "dessinez ce que vous vous ressentiez il y a quelques mois à la clinique" (par exemple), puis une fois que c'est fait elle analyse en direct le
dessin/schéma, les mots écrits, les couleurs, etc...
Puis à droite, dessinez ce que vous ressentez maintenant.
Description du dessin puis comparaison.
Parfois découpage de la page et premier schéma caché sur le second.
Avec de la pâte à modeler pour le corps malade enfant, puis le corps que j'aurais aimé avoir, qui n'a rien apporté car une belle fille a des tas d'astreintes/obligations d'un rôle à tenir. J'ai
donc eu comme 2ème thème "que faudrait-il faire pour améliorer ce corps ?" toujours en pâte à modeler.
J'étais très mal avec ce pantin horrible que j'avais créé, il était fantomatique, grimaçant, difforme.
Je l'ai donc "habillé" d'un pantalon, pull, bottes et écharpe pour qu'il passe "inaperçu" aux yeux des autres.
Ce que je fais avec mes vêtements.
Puis elle m'a dit qu'elle allait garder ce corps-bonhomme dans l'armoire et là je n'ai pas pu tenir plus, je lui ai dis :
"non, je préfère le détruire !", elle me l'a passé, j'ai viré les vêtements et remis les boules de couleurs avec la couleur similaire, j'ai tordu le corps pour en faire une boule en disant "il fait
du yoga" et là elle a éclaté d'un rire bizarre en disant que j'avais toujours mon sens de l'humour même dans les moments émotionnels les plus difficiles. En fait ça m'aide.
D'après elle je lui ai fait un immense cadeau, je venais de casser l'image corporelle que je trainais depuis l'enfance d'un corps déformé qu'il fallait cacher.
Elle en avait les larmes au yeux.
J'avoue que j'étais dubitative mais elle m'a expliqué qu'il faudrait quelques temps pour que j'assimile ça.
En clair, je vois ou voyais mon corps différemment de la réalité avec une telle différence qu'en yoga j'avais l'impression de ne pas réussir les postures alors qu'il parait que je suis douée.
Ça me créait un malaise indescriptible tout comme lorsqu'un homme me regardait physiquement, ce que je ne supportais pas.
J'ai toujours essayé de m'excuser de ce corps dysfonctionnel et inesthétique d'après moi.
C'est une réalité qui est très difficile à vivre.
Peut-être parce qu'on m'a reproché depuis l'enfance ma maladie et qu'elle a contrarié tous les plans de mes parents.
J'étais une honte vivante pour eux et donc pour moi.
Une de mes soeur a dit un jour "tu es un brouillon", ça résume parfaitement.
Avec un décalage qui faisait me dire que ce que m'apportait mon corps ne pouvait qu'être négatif et par exemple vis à vis des hommes, qu'ils ne s'intéressaient pas à celle que j'étais à l'intérieur
et que lorsqu'ils le découvriraient comme je le vois ou voyais ils ne pourraient que me repousser, sous une quelconque raison.
Le fait est que j'ai en plus rencontré que des hommes très tournés vers eux-même et que tous, sauf J. à présent tétraplégique (pour le situer) se sont foutus de ce que je pouvais bien vivre
émotionnellement.
Pourtant il m'a fait souffrir à attendre durant des années un appel de sa part, avec interdiction de le joindre mais quand il était à côté de moi, il était entier, donnait, se donnait, prenait, le
tout naturellement.
Je ne sais pas si j'arriverais à expliquer ça dans un topic car il faudrait que je dévoile beaucoup de moi et bon sur le net, j'ai appris que certains s'en servais à notre encontre, mais je l'ai
fait le plus sincèrement possible pour que tu comprennes.
Schématiser permet de mieux "voir" des choses, plus distinctement et de mieux appréhender nos désirs car il faut les mettre en forme (même si j'utilise le niveau maternelle, elle m'a demandé la
permission de montrer certains dessins à d'autres patients, ils sont anonymes, car ils l'aident à décrire ce que doivent vivre certaines personnes en dépression, j'ai bien évidemment accepté).
C'est donc un travail de concert, je me sens assise à côté d'elle et qu'on affronte ensemble cette bête immonde mais qui ne m'effraie plus.
J'ai compris (notamment après la lecture de divers articles) que mon cerveau avait de mauvais cheminements neuronaux et qu'il fallait que j'en crée de nouveau, assistée d'une personne en qui
j'avais confiance et suffisamment forte pour partager avec moi ce nouveau parcours et capable de m'expliquer les phases des cheminements et questionnements divers qui me parcourent.
En gros, c'est la première fois que je me sens capable d'apprécier certaines petites choses de la vie, d'oser ouvrir les yeux sans trop m'angoisser ou me questionner.
Importance de la différence entre réactions et actions :
C'est là que j'ai pris conscience de la différence entre réagir (lié à la dépression) et agir.
Qu'on peut influer pour faire que les petits points d'énergie positive et colorée qui apparaissent deviennent comme un jeu de domino, un enchainement de circonstances prévues qu'on aura
choisies.
Je donne un exemple simple.
J'aimais découvrir par moi-même des "techniques" dans le dessin, mais depuis des années je n'arrivais plus du tout à reprendre les pinceaux et autres pastels.
Je me suis "servie" de mon envie de vouloir faire plaisir à une amie en offrant un de mes dessins, pour en faire plusieurs, histoire qu'elle puisse
choisir.
Même si je ne suis pas contente des résultats obtenus, je lui donne la possibilité du choix et de plus j'ai recréé !
J'ai remis en route le mouvement.
Car si la dépression pouvait être exprimée en trés peu de mots, je dirais "la non-envie" et je préciserais avec "la non en vie"...
Par Associale
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Publié dans : Vécu
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